L’habituation hédoniste: 3 pistes pour ralentir

Aujourd’hui je vous propose un article un peu différent, écrit par une amie, Nathalie Guiffault.
J’ai croisé le chemin de Nathalie à plusieurs reprises dans le cadre du réseau de femmes entrepreneures Genuine women, à travers les réseaux sociaux et dans des formations. Les valeurs qui nous tiennent à cœur étant très proches, nous avons sympathisé et pris l’habitude d’échanger sur nos projets presque chaque semaine.
A travers son entreprise Homoecologicus, Nathalie propose différents accompagnements qui mêlent écologie intérieure et écologie extérieure.
Je trouve son approche particulièrement intéressante car elle ne se contente pas de proposer des éco-gestes. Elle accompagne chacun·e à mettre du sens dans son chemin vers l’écologie pour créer un projet de vie qui correspond à ses aspirations profondes.
Pour cet article invité, Nathalie m’a proposé de parler du lien entre consommation et bonheur en expliquant le phénomène “d’habituation hédoniste”. Si celui-ci entre en jeu dans tous nos choix de consommation, il joue évidemment un rôle important dans notre relation aux vêtements. 
Je n’en dis pas plus et vous laisse avec Nathalie!

Habituation hedoniste

En psychologie positive, on nomme habituation hédoniste « le phénomène d’usure et d’habitude envers ce qui nous rend heureux ou joyeux: dès lors qu’une source de bien-être ou de bonheur est présente chaque jour de notre vie, nous l’oublions peu à peu, et elle perd sur nous son pouvoir de nous rendre heureux » – Christophe André, médecin psychiatre.

Habituation hédoniste et surconsommation

Dans cet article, je vous propose d’aborder l’habituation hédoniste favorisée par la surconsommation – terme désignant un niveau de consommation situé au-dessus de celui des besoins normaux ou d’une consommation moyenne.

La satisfaction éprouvée quand l’objet convoité se trouve entre nos mains – par exemple, un nouveau vêtement alors que l’armoire est pleine, un nouveau smartphone alors que l’actuel fonctionne très bien – s’évanouit rapidement et entraîne tout aussi rapidement une lassitude.

Pour revivre cet état agréable, le réflexe sera de multiplier les actes d’achats.

Et nous voilà comme le hamster dans sa roue, à passer de la satisfaction à l’insatisfaction, à courir après la promesse d’une vie meilleure, à courir après le toujours plus, à courir après « l’avoir », oubliant au passage « d’être ».

A notre propre fonctionnement s’ajoute celui d’un système parfaitement rôdé, qui nous promet le bonheur dans la consommation à grands renforts de techniques et messages marketing.

Mais cela ne marche pas. La meilleure preuve en est cette étude qui conclut que les gagnants du loto retrouvaient après quelques mois un niveau de bonheur ou de malheur quasi identique à celui d’avant leur gain.

Alors, sommes-nous donc condamné·e·s à tourner encore et encore dans notre roue ?

Certainement pas. La première étape, et non des moindres, est de connaître ce mode de fonctionnement. Nous pouvons ainsi agir sur lui et nous diriger, à notre rythme, vers une consommation conscientisée.

Nous pouvons également utiliser d’autres moyens, dont l’avantage majeur est de nous faire un bien fou.

Ralentir l’habituation hédoniste: 3 pistes

Cultiver la gratitude

La gratitude est une attitude, un formidable oui à l’existence. Elle nous offre de la joie et des émotions positives quand on réalise tous les bienfaits reçus et prodigués: une personne qui nous a offert son aide ou que l’on a aidée, la reconnaissance de vivre libre, la joie éprouvée au contact de ses proches, de son animal ou de la nature et même le plaisir de ressortir ses petites robes au retour des beaux jours.

Les recherches scientifiques – notamment celles de Robert Emmons, un psychologue américain qui a consacré sa vie à l’étudier – montrent une foule de bienfaits qui perdurent

  • sur notre santé émotionnelle (plus d’optimisme, de bien-être intérieur, etc.)
  • sur notre santé physique (un meilleur sommeil, un système immunitaire renforcé, etc.)
  • dans nos relations sociales (on prend plus soin de nos relations par exemple).

Tenir un journal de gratitude est un exercice proposé en psychologie positive: écrire chaque jour ses petits plaisirs quotidiens et ses grandes victoires augmente au fur et à mesure de la pratique son sentiment de joie et de plénitude.

Pratiquer la pleine conscience

La pleine conscience est tout à la fois une pratique, une philosophie et un art de vivre invitant à être conscient·e et présent·e à ce qui existe, ici et maintenant.

La pleine conscience est un antidote puissant à la consommation effrénée.

Elle se pratique de manière très simple. En marquant une pause, en réfléchissant avec honnêteté et bienveillance sur ce que cachent ses achats bien souvent impulsifs, on apprend à distinguer l’essentiel du superflu et à se rebrancher sur ses rêves, ses aspirations profondes, ses moteurs dans la vie. On a tout à y gagner: esprit apaisé, valeurs retrouvées, liberté d’être, affranchissement des diktats de la publicité.

Être présent·e à soi et aux autres

Un des bénéfices les plus gratifiants lorsque l’on se détache d’un mode de consommation excessive est le temps soudainement dégagé pour s’occuper de soi et des autres.

Par exemple :

  • organiser en pleine nature un pique-nique surprise pour ses proches
  • lire une longue histoire à ses enfants
  • demander spontanément à une personne si elle a besoin d’aide
  • faire enfin ce cours créatif que l’on repousse depuis si longtemps
  • s’accorder des moments rien qu’à soi
  • prendre le temps de regarder avec des yeux neufs sa garde-robe pour retrouver du plaisir à porter ses vêtements
  • faire preuve de créativité pour masquer un petit trou ou une petite tâche – une activité ludique à faire en famille ou avec des amies

Se donner du temps pour faire ce qu’on aime, en donner aux autres, se donner et donner de l’amour tout simplement provoque en soi un sentiment de bonheur intense et durable, car il perdure bien au-delà de l’action elle-même.

Le mot de la fin

S’affranchir de l’habituation hédoniste liée à une consommation excessive ne se fait pas du jour au lendemain. Cela demande un travail sur soi, sur son image, sur ses valeurs, sur la vision de sa vie.

Cela demande aussi d’avoir conscience des nombreux mécanismes en jeu liés à la surconsommation:

  • les causes intérieures telles que la crainte du regard des autres, le mal-être,
  • les expériences antérieures telles que notre éducation ou des évènements de notre enfance,
  • les causes extérieures telles le marketing qui nous vend non pas des objets mais un style de vie, un autre « nous » sur papier glacé, plus « heureux, plus fun ».

Ces trois pistes vous aideront à vous mettre en chemin vers plus de liberté, plus de temps, plus d’argent pour faire ce qui compte pour vous.

Pour les expérimenter quasi-quotidiennement, je peux témoigner de l’allègement intérieur et de la sérénité que je ressens, car je ne cours après rien. Je savoure ce que j’ai, je savoure le bonheur d’aimer et d’être aimée, je savoure la chance d’être moi-même, tout simplement.

C’est tout ce que je vous souhaite.

Amicalement,
Nathalie

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Un grand merci à Nathalie pour l’explication de ce phénomène! Même si j’avais conscience d’un tel mécanisme, mettre un mot dessus permet de le rendre plus conscient et donc d’agir plus facilement pour s’en libérer. cet article. Envie d’explorer plus de pistes?

Est-ce que ce phénomène vous parle? Nathalie et moi serions heureuse d’en discuter avec vous via les commentaires!